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La poursuite de montée en gamme de l’ESMO

Encore une édition virtuelle pour l’ESMO 2021, mais contrairement à l’an dernier, les congressistes ont pu accéder au congrès et j’espère qu’il s’agit du dernier ESMO virtuel. Nous observons la poursuite de montée en gamme de l’ESMO avec des études importantes qui répondent à de vraies questions.

À l’honneur, bien sûr, la sénologie avec deux études qui vont largement impacter les pratiques. La première concerne le trastuzumab déruxtécan qui fait mieux, et nettement, que le trastuzumab emtansine en deuxième ligne et devient donc le nouveau standard, avant possiblement dans le futur une remontée des lignes. Enfin l’immunothérapie avec deux essais dans le cancer du sein triple négatifs, positifs tous les deux : augmentation de la survie globale avec la chimiothérapie en première ligne métastatique avec déjà un accès précoce possible pour nos patients et bénéfice également en situation néoadjuvante avec l’association carboplatine paclitaxel puis EC/AC.

Dans les cancers de l’œsophage et de l’estomac, l’immunothérapie devient également un standard en association avec la chimiothérapie. De même dans les cancers du col de l’utérus, aussi bien en première ligne avec chimiothérapie qu’en ligne avancée. Dans les cancers ovariens, réponse à une question que se pose tout le monde : oui, il a un bénéfice à reprendre un anti-PARP en entretien chez une patiente qui en avait déjà reçu antérieurement.

Changement de pratique probable dans les cancers de prostate avec, pour les cancers localement avancés, un schéma de radiothérapie et hormonothérapie par abiratérone et, dans les cancers métastatiques hormonosensibles, surtout à haut risque, la triple association hormonothérapie, docétaxel, abiratérone.

Une indication de niche dans les mélanomes, mais avec des résultats impressionnants :
le tébentafusp dans les mélanomes de la choroïde métastatique. Pour les mélanomes habituels mutés BRAF, une étude suggère l’intérêt de commencer plutôt par l’association ipilimumab et nivolumab.

L’immunothérapie est en échec en ORL, que ce soit avec la radiothérapie dans le localement avancé (en attendant d’hypothétiques futurs essais positifs) et l’étude négative en première ligne avancée de l’association ipilimumab et nivolumab.

Avec le retour du froid, vous avez de quoi occuper vos longues soirées d’hiver pour assimiler ce feu d’artifice de nouveautés. Bonne lecture et rendez-vous après l’ASCO pour renouer avec les comptes-rendus de vrais congrès si les multiples variants nous laissent en paix.

 

ONCOLOGIE GYNÉCOLOGIQUE

Pr Éric Pujade-Lauraine (Paris)

RADIOTHÉRAPIE 

Pr Christophe Hennequin (Paris)

ONCO-UROLOGIE 

Dr Alexandre Ingels (Paris)

SÉNOLOGIE

Dr Mony Ung (Toulouse)

ONCOLOGIE THORACIQUE 

Pr Nicolas Girard (Paris)

ORL 

Dr Jérôme Fayette (Lyon)

ONCO-DERMATOLOGIE 

Dr Éve-Marie Neidhart-Bérard (Lyon)

SOINS DE SUPPORT 

Dr Nicolas Jovenin (Reims)

ONCOLOGIE DIGESTIVE 

Dr Simon Pernot (Bordeaux)