• Une fois n’est pas coutume, l’ASCO 2026 aura mis à l’honneur les cancers du pancréas avec le daraxonrasib qui, en plénière, a eu droit à une standing ovation. Cet inhibiteur de RAS G12 a démontré en deuxième ligne un doublement de la survie globale à 13 mois dans les cancers du pancréas mutés (plus de 90 % des cas). Ceci soulève donc un immense espoir pour tous les malades, et le médicament va bientôt être testé en première ligne.
• Dans les cancers pulmonaires, quelques avancées avec démonstration de l’intérêt du selpercatinib en adjuvant des cancers porteurs de la fusion de RET. Dans les cancers ALK réarrangés métastatiques, le lorlatinib n’a toujours pas atteint sa médiane de survie sans progression après 7 ans et, dans les cancers mutés EGFR avec insertion dans l’exon 20, le sunvozertinib en première ligne améliore la survie sans progression. Dans les cancers sans addiction, le traitement par sacituzumab tirumotécan ajouté au pembrolizumab en première ligne améliore considérablement la survie sans progression. Et, enfin, l’anticorps bispécifique anti-PD-1/anti-VEGF, l’ivonescimab associé au carboplatine taxol augmente la survie des patients avec un carcinome épidermoïde par rapport au standard chimiothérapie + anti-PD-1.
• Peu de nouveautés dans les cancers du sein. On confirme l’intérêt en cours d’hormonothérapie de surveiller l’émergence de la mutation de résistance ESR1.
• De même, dans les cancers gynécologiques, pas de nouveautés, mais un retour de l’immunothérapie dans les cancers de l’ovaire en association avec des vaccins, et la saga des anticorps conjugués laisse entrevoir de grands progrès. Les données à long terme dans les cancers de l’endomètre montrent que des patientes dMMR peuvent être guéries par le dostarlimab.
• Dans les cancers urologiques, on s’attend prochainement à de grands bouleversements avec l’arrivée des hormonothérapies de nouvelle génération en péri-opératoire et les inhibiteurs de PARP dans la phase métastatique hormonosensible.
• En ORL, pas de grandes nouveautés, mais probablement la mise à disposition aux États-Unis de l’amivantamab, anticorps bispécifique EGFR et MET dans les cancers récidivants ou métastatiques réfractaires au platine et anti-PD-1.
• En soins de support, l’arrivée des applications permettant de signaler les symptômes à distance a montré une préservation de la qualité de vie et une réduction des hospitalisations.
• En dermatologie, l’association darovasertib + crizotinib apporte un espoir aux patients avec un mélanome uvéal métastatique HLA-A2 négatif. Les TIL pourraient apporter un bénéfice dans les mélanomes après échappement à l’immunothérapie.
Ainsi donc, en dehors du pancréas et de la prostate, pas de réelles nouveautés, mais de nombreuses études porteuses d’espoir. Rendez-vous l’année prochaine et les années suivantes.
Bonne lecture.
Dr Jérôme Fayette (Lyon)
Sommaire
Pr Laurent Zelek (Bobigny)
Dr Benjamin Auberger (Brest)
Dr Simon Pernot (Bordeaux)
Pr Nicolas Girard (Paris)
Pr Éric Pujade-Lauraine (Paris)
Dr Nicolas Jovenin (Reims-Bezannes)
Dr Jérôme Fayette (Lyon)
Dr Ève-Marie Neidhardt-Bérard (Lyon)
