Site professionnel spécialisé en Oncologie

L’activité physique adaptée comme approche fondamentale dans la prise en charge du cancer

Dr Carole Bouleuc Oncologue et médecin de soins palliatifs, responsable du Département de soins de support, Institut Curie, Paris

En trois mots, quels sont les bénéfices de l’activité physique adaptée dans la prise en charge du cancer ?

Les bénéfices de l’activité physique adaptée (APA) dans le cancer sont très importants. Le premier mot est « muscle », avec des bénéfices sur les performances sportives et sur l’état de tolérance cardio-circulatoire à l’effort, donc un meilleur état nutritionnel. Le deuxième mot est « qualité de vie » : beaucoup d’études ont montré l’amélioration de la fatigue, de la qualité du sommeil, de l’état psychologique et la réduction des effets secondaires des traitements systémiques de chimiothérapie, immunothérapie, thérapie ciblée. Le troisième mot est « efficacité des traitements du cancer » puisque l’APA permet de diminuer le risque de récidive et d’allonger la survie des patients.

Quels sont les principaux résultats ?

Tous ces bénéfices ont été montrés dans des études cliniques. Pour la qualité de vie, il s’agit d’études randomisées, avec donc des niveaux de preuve très robustes, très solides (niveaux de preuve A). Pour la survie et la diminution du risque de récidive, il s’agit plus souvent d’études épidémiologiques mais quelques études randomisées sont en cours.

Pourquoi est-ce une approche fondamentale ?

Je crois effectivement qu’on peut le dire, l’activité physique dans le parcours oncologique est une révolution, autant pour les patients que pour les soignants. Il va en effet falloir que les patients changent leurs comportements, en particulier ceux qui n’avaient pas d’habitude sportive préalable à la survenue de leur cancer et c’est tout de même un grand bouleversement de vie d’adapter des habitudes de pratiques sportives et d’activité physique. Pour les soignants, c’est aussi une révolution de prescrire un traitement qui n’est pas un médicament, et peut-être aussi pour eux de comprendre qu’il faut aussi qu’ils adoptent les recommandations nationales sur la pratique sportive.