Dr Philippe Poulain
Médecin douleur, soins palliatifs et HAD, Tarbes
Quelle était le thème de votre session ?
Nous avons abordé les questions de la douleur, la douleur qu’il est difficile de traiter, c’est-à-dire la douleur qui est rebelle.
Pourquoi est-il important d’aborder ce problème ?
Tout simplement parce que l’on sait qu’on ne peut pas traiter toutes les douleurs avec simplement les recommandations, qu’elles viennent de l’OMS, de l’ASCO, de l’ESMO, voire des recommandations françaises, ou également de la Haute autorité de santé. La plupart du temps, ces recommandations marchent, mais, de temps en temps, les patients échappent à ces recommandations. C’est ce que l’on va appeler une douleur rebelle.
Pourquoi est-il important de savoir si cette douleur rebelle va s’améliorer ou non avec d’autres traitements ?
Parce que si cette douleur ne peut pas être traitée par les autres possibilités, elle devient réfractaire. Et, si elle est réfractaire, il s’agit vraiment d’une douleur qui peut être soulagée par une sédation profonde et continue, éventuellement jusqu’au décès du patient, s’il le demande. Ce qui est entré dans le cadre de la loi Leonetti.
Mais tant que l’on n’aura pas fait les différentes étapes pour démontrer que cette douleur ne répond vraiment pas aux traitements classiques, voire aux traitements supplémentaires, on n’aura pas de douleur réfractaire.
Quels sont ces traitements ?
Tout simplement, c’est essayer différents opioïdes, c’est ce que l’on appelle le changement d’opioïdes. C’est éventuellement réévaluer complètement cette douleur pour voir s’il n’y a pas des composantes neuropathiques qu’on n’aurait pas évalué au premier abord. C’est voir si le patient est bien compliant avec ces traitements. Est-ce qu’il les prend bien ? Ce n’est pas sûr, parce que certains patients vont vouloir un peu modifier leur traitement par rapport à ce qui leur plaît ou ce qui ne leur plaît pas. Il y a également d’autres techniques qui peuvent venir après. Par exemple, on peut parler de traitements intrathécaux par l’intermédiaire de pompes. On peut aussi faire de l’analgésie autocontrôlée par le patient. En fait, il y a plein de techniques qui peuvent être proposées. Ce qui veut dire qu’il ne faut pas non plus s’arrêter à des traitements purement techniques et mécaniques, mais également apporter au patient la possibilité d’être soulagé avec des traitements complémentaires qui ne sont pas forcément médicamenteux. Par exemple, on peut faire de l’hypno-analgésie, de la stimulation électrique, de l’acupuncture, de la relaxation… ou encore d’autres techniques. Bien sûr, une évaluation psychologique est très importante pour savoir ce qu’est cette douleur, réellement, et, au cas où on n’arrive vraiment pas à soulager le patient, alors on parlera de douleur réfractaire.